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http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo160234 Lettre Flora

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Marque du Domaine Public Lettre Numéro d'inventaire : 978.0023.3942 Création Asinelli Eveline (19e siècle - 20e siècle) (Auteur) ; 19 septembre 1899 ; Genève. Description En-tête : "Monsieur le Capitaine", L'auteur, une aristocrate génevoise d'origine française, se réjouit que justice soit enfin rendue à Alfred Dreyfus même si ce n'était pas l'issue rêvée. Elle tient à le rassurer au sujet de son pays, si malmené par les protestations étrangères. La vraie France, c'est celle de Dreyfus, celle qui l'ont défendu avec courage. Elle réitère son admiration pour le Capitaine. Utilisations Dreyfus Alfred (utilisateur) Correspondance Septembre 1899 Matière(s) et technique(s) Papier vergé (Manuscrit) Dimensions hauteur 17,9 (plié) cm, largeur 11,5 (plié) cm Inscriptions 978.0023.3942.1 AU CRAYON DE PAPIER : 19 Sept 99 Monsieur le Capitaine, Enfin, vous allez être rendu à votre famille et, bien que ce n'est pas ainsi que j'ai rêvé ce retour, je n'en suis pas moins heureuse pour vous que cette première justice vous ait été rendue. Pour moi, pour nous tous, c'est l'aurore des grandes réparations le jour viendra, et il ne peut être éloigné, où vous aurez cette joie de voir tous les Français vous tendre la main et parler de vous avec cette admiration qu'on éprouve toujours pour le soldat loyal, pour l'homme de devoir, pour tout cœur noble et grand. Et vous savez maintenant combien vous êtes aimé et honoré hors de votre patrie… Il n'y a eu qu'un cri de douleur le 9 Sept — aujourd'hui — un soupir de soulagement… Mais dans notre joie de posséder la sympathie universelle, je crains que vous n'ayez souffert aussi en songeant que de partout s'élevaient des protestations indignées contre la France. Eh bien ! Monsieur, cela n'a duré qu'un moment sous le choc de l'horrible souffrance causée par le jugement monstrueux de Rennes. Croyez-moi, nous aimons, nous vénérons votre patrie nous ne la rendons pas responsable de l'iniquité commise, car qui peut oublier les noms de tous ceux qui vous ont défendu, de toute cette phalange d'hommes supérieurs qui ont tout sacrifié pour réhabiliter un innocent ? Notre France, Monsieur, c'est celle des héors modernes, c'est celle de nos Dreyfus, de notre Madame Dreyfus qui s'est montrée admirable de vaillance, d'énergie, de modération, d'amour. Oh ! Monsieur, à ses côtés vous attendre tranquillement et paisiblement l'arrivée du grand jour de la réhabilitation devant les incrédules de France. Voilà pourquoi, ce soir je suis toute au bonheur de vous savoir sur le point e reprendre votre place au foyer jadis si heureux. Heureux ? Il le sera demain et puissiez-vous en jouir pendant des années encore longues et bénies. Je prie Madame Dreyfus de vous serrer les deux mains de ma part. Croyez, Monsieur le Capitaine, à mes sentiments de profonde estime, d'indicible admiration et de respectueux attachement. Eveline d'Asinelli 17 Bd Helvétique. Genève. 19-IX-1899 978.0023.3942.2 Chère Madame, L'heureuse nouvelle de la grâce accordée à notre martyr est arrivée dans le courant de l'après-midi, et, tout de suite, mon cœur est allé à vous. Certes, ce n'est pas là tout-à-fait ce que nous étions en droit d'attendre, mais cependant comme me l'écrivait dernièrement Mr J. Reinach, la grâce est l'acheminement tout naturel vers la vers la réhabilitation. Et c'est ainsi que je l'envisage. Aussi suis-je toute au bonheur du retour au foyer familial de Monsieur le Capitaine. Les bruits les plus tristes circulent ici sur l'état de sa santé j'en ai beaucoup souffert pour vous, pauvre Madame, dont le cœur doit s'étreindre d'une telle émotion à chacune des visites trop courtes à la Prison Militaire. Maintenant me voici toute à l'espérance, acr une fois entouré de votre tendresse, votre bien-aimé martyr renaîtra à la vie. La vue de ses enfants, leur amour, le grand air, la sympathie universelle, son nom glorifié partout, la vérité presque triomphante, tout cela lui redonnera la joie perdue et lui fera oublier, autant qu'oublier se peut, les effroyables douleurs passées. Où que vous soyez, Madame, dans quelque retraite que vous alliez cacher votre bonheur conquis au prix de tant de larmes, dites-vous que mon admiration, ma tendresse et mes meilleurs vœux vous suivront jusqu'à la fin de ma vie. Je ne sais pas si vous pourrez jamais comprendre mon attachement à vous et aux vôtres ma la réalité est là : je vous ai voué un culte et si je pouvais vous donner quelque bonheur au prix du mien, c'est de tout cœur que je le ferais. Je me dis parfois, Madame, que vous devez vous étonner de la fréquence de mes messages : si tel est le cas, excusez-moi au nom même de mon profond attachement pour vous qui, pour des milliers de dreyfusardes, êtes l'honneur de notre sexe oui, l'honneur et un exemple à toutes. Puissiez-vous voir Monsieur le Capitaine reprendre des forces — et puisse enfin votre jeune vie ne connaître plus que les saintes, les douces, les pures joies de la vie de famille. Par le cœur j'irai bien souvent vous chercher tous les quatre près de l'heureux foyer de famille. Me permettez-vous, chère Madame, à moi qui vous ai suivie avec tant de respectueux amour durant ces années de deuil, de vous embrasser de tout cœur ce soir où le bonheur enfin vient frapper à votre porte ? Soyez heureuse, c'est le meilleur vœu que [?] pour vous Votre vraie amie inconnue, Comtesse Eveline degli Asinelli 17 Bd Helvétique. Genève. 19-IX-99 Mots-clés Affaire Dreyfus, Dreyfusard, Soutien Type de document Collections muséales

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