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http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo160179 Lettre Flora

Lettre

Marque du Domaine Public Lettre Numéro d'inventaire : 978.0023.3937 Création Asinelli Eveline (19e siècle - 20e siècle) (Auteur) ; 10 septembre 1899 ; Genève. Description En-tête : "Chère Madame", L'auteur, une aristocrate génevoise d'origine française, confie à Lucie Dreyfus que le procès de Rennes l'a déroutée. Elle était en effet persuadée qu'Alfred Dreyfus serait acquitté et s'apprêtait à envoyer des télégrammes de félicitations. Ce jugement, qu'elle qualifie d'inique et de monstrueux, l'a brisé. Néanmoins, elle garde un peu d'espoir, même si elle ne cesse de penser à la tristesse de la famille Dreyfus. Utilisations Dreyfus Lucie (utilisateur) Correspondance Septembre 1899 Matière(s) et technique(s) Papier vergé (Manuscrit) Dimensions hauteur 18,3 cm, largeur 11,6 cm Inscriptions Chère Madame, Depuis hier au soir, c'est-à-dire depuis l'arrivée des dernières nouvelles à Genève, j'ai le cœur torturé. Je voudrais être auprès de vous pour une minute et il me semble qu'alors d'un mot, d'un geste, je pourrais vous faire comprendre combien je souffre. Je comptais si peu sur cette issue fatale, que j'avais préparé déjà tous les télégrammes de félicitations jusqu'au dernier moment, malgré le réquisitoire, j'attendais l'acquittement du malheureux dont tout proclame l'innocence. Aussi, Madame, vous qui savez à quel point j'ai vécu de votre vie, vous devez comprendre aussi combien j'ai le cœur malade. Ah ! ce jugement inique après l'attitude révoltante des généraux n'était pas à prévoir à côté de l'Etat-Major, nous avons eu tant de nobles défenseurs, tant d'amis sincères qui sont venus si simplement parler pour le pauvre être souffrant qui ne demande plus que la réhabilitation — nous avons eu tant de Lumière éclatante produite par nos admirables avocats — que les plus pessimistes d'entre nous espéraient toujours, espéraient quand même. Et maintenant, ce sont des pleurs partout. Je vous assure, chère jeune femme que vous êtes, que je ne souffrirais pas davantage si vous étiez mon enfant. Depuis des années j'ai vécu dans l'espoir de vous voir heureuse… aujourd'hui, tout semble s'effondrer après ce cruel, ce monstrueux verdict. Tout n'est pas perdu, il est vrai mais en ce moment, le cœur est trop bouleversé pour pouvoir s'accrocher à de nouvelles espérances — et pour une part, je ne sais que vous répéter encore combien je souffre pour vous, pour lui, pour nous tous. Laissez-moi tout doucement vous serrer sur mon vie cœur il a déjà beaucoup souffert, il n'a jamais autant souffert qu'aujourd'hui devant votre pauvre vie encore détruite, devant le martyr recondamné, devant les pauvres petits qui affleurent si impatiemment leur père absent depuis si longtemps ! Mes larmes, ma douleur vous diront ce que je suis pour vous une vraie amie des jours de deuil. Oui, chère et pauvre Madame, laissez-moi me dire tout simplement Votre vieille amie qui pleure avec vous tous Eveline d'Asinelli 17 Boulevard Helvétique. Genève. 10-IX-99 Mots-clés Affaire Dreyfus, Dreyfusard, Soutien Type de document Collections muséales

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