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http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo160277 Lettre Flora

Lettre

Marque du Domaine Public Lettre Numéro d'inventaire : 978.0023.3945 Création Asinelli Eveline (19e siècle - 20e siècle) (Auteur) ; Juillet 1899 ; Genève. Description En-tête : "Madame", L'auteur, une aristocrate génevoise d'origine française, amie inconnue, confie à Lucie Dreyfus son émotion pendant( la lecture d'un article de Georges Clémenceau "A l'Ile du Diable". Elle exprime son admiration pour le Capitaine Dreyfus. En post-scriptum, l'auteur demande à Lucie Dreyfus de saluer de sa part ses proches. Elle se souvient de l'amabilité de son père Monsieur Hadamard. Utilisations Dreyfus Lucie (utilisateur) Correspondance Juillet 1899 Matière(s) et technique(s) Papier (Manuscrit, Timbre sec) Dimensions hauteur 15,4 (plié) cm, largeur 11,5 (plié) cm Mots-clés Affaire Dreyfus, Dreyfusard, Soutien, Sympathie Inscriptions AU CRAYON DE PAPIER : Juillet 1899 Madame, En livant les détails si navrants de toutes les souffrances endurées par Monsieur le Capitaine Dreyfus et les cruautés, les infâmies, les tortures inouïes dont il fut la victime à l'Ile du Diable, mon cœur s'est soulevé d'indignation, et, une fois de plus, je sens le besoin de venir au nom de plusieurs amies de Genève, vous dire notre propre souffrance ainsi que toute notre sympathie de sœurs. Oui, je l'avoue, en lisant le dernier article de G. Clémenceau "A l'Ile du Diable", je dus m'interrompre à maintes reprises tant était forte mon émotion. Puis, une fois le journal retombé sur mes genoux, la souffrance fit place peu à peu à un sentiment d'admiration profonde pour ce martyr si vaillant, si réellement soldat. C'est l'homme de toutes les énergies. Quand, par la pensée je vais le chercher dans sa cellule de Rennes occupé à prendre des notes sur son propre douloureux roman, je me dis qu'il est un héros dans toute l'acceptation du mot. Nous, les ardents Dreyfusards, nous pouvions présentir en quelque sorte la virilité de son âme qui se dévoile dans ses lettres si touchantes. …. mais, qu'après les douleurs subies il démontre encore autant d'énergie et de calme… c'est admirable. Et savez-vous, chère Madame, que j'en suis heureuse surtout pour vous ? Je me dis et avec raison qu'une fois l'arrêt définitif rendu, vous pourrez regarder en souriant l'avenir et marcher tous deux hardiment à côté du bonheur, compagnons de route d'habitude si rebelle. Si Monsieur le Capitaine Dreyfus a pu, par sa seule énergie, passer 41/2 années de douleurs indicibles sur l'Ile maudite, il aura cette même énergie à vouloir vivre pour vous, pour Pierrot et pour petite Jeanne. Et plus tard, quand nous, dreyfusards, nous nous serons tus dans la paix enfin conquise, croyez-le, tout notre cœur ira à vous pour contempler en silence l'union si douce de ceux êtres que nous sommes fiers d'appeler tout bas nos amis. — Vous êtes jeune, Madame, et j'ai les cheveux blancs. Me permettez-vous de vous embrasser tout simplement ? Et dites à Monsieur le Capitaine combien est grande, combien est universelle la sympathie qu'on lui porte. Croyez-moi, votre amie inconnue toute dévouée Eveline d'Asinelli P.S. Cela vous paraîtra peut-être étranger, mais voulez-vous me faire le plaisir de saluer tous les vôtres de ma part ? Nous avons souffert ensemble, nous espérons ensemble, et bien que nous ne nous connaissions pas, j'ai pour eux tous la plus profonde sympathie. Monsieur Hadamard a eu une fois la bonté de me tranquilliser à votre sujet : cette marque de bienveillance m'avait beaucoup touchée. Mots-clés Affaire Dreyfus, Dreyfusard, Soutien, Sympathie Type de document Collections muséales

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