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http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo160255 Lettre Flora

Lettre

Marque du Domaine Public Lettre Numéro d'inventaire : 978.0023.3943 Création Asinelli Eveline (19e siècle - 20e siècle) (Auteur) ; 23 septembre 1899 ; Genève. Description En haut de la lettre, extrait de la lettre de Zola à Lucie Dreyfus. En-tête : "Chère Madame", L'auteur, une aristocrate génevoise d'origine française, confie à Lucie Dreyfus son émotion quand elle songe au couple Dreyfus enfin réuni. Elle promet de prier Dieu pour leur bonheur. Elle enverra un exemplaire des LETTRES D'UN INNOCENT à Pierre. Utilisations Dreyfus Lucie (utilisateur) Correspondance Septembre 1899 Matière(s) et technique(s) Papier vergé (Manuscrit) Dimensions hauteur 17,9 cm, largeur 11,5 cm Mots-clés Affaire Dreyfus, Dreyfusard, Soutien, Sympathie Inscriptions AU CRAYON DE PAPIER : 23 Sept 99 … " Madame, il n'est pas une femme, pas une mère, aujourd'hui, qui n'ai senti son cœur se fondre en songeant à cette première soirée intime, sous la lampe, dans l'affectueuse émotion du mon entier dont la sympathie vous entoure". (E. Zola) Chère Madame, En effet, c'est le cœur profondément ému et les larmes aux yeux, que je songe à cette première réunion, ce soir, de tous ces êtres si cruellement éprouvés avec qui j'ai souffert et que j'ai appris à aimer comme si les liens du sang les unissaient à moi. Ce soir, je serai avec vous jouissant en heureux témoin muet de votre bonheur si chèrement conquis, le cœur débordant de respectueuse tendresse et de profonde admiration pour vous tous. Et du plus profond de mon âme, je demanderai à Dieu qu'Il écarte désormais la douleur de votre route, qu'Il vous inonde de ses bénédictions et vous rende heureux pendant de longues, longues années. Par ce même courrier, chère Madame, vous recevrez un exemplaire des "Lettres d'un Innocent" que je destine à votre petit Pierre. Je n'ai pas voulu lui envoyer directement le volume, dans la crainte que vous ne préfériez le lui remettre plus tard. Vous agirez comme vous le jugerez bon. Ce petit livre a été le témoin et la cause de toutes nos souffrances, de toutes nos larmes amères. Si tant de cœurs se sont donnés à vous, Madame, c'est qu'ils ont été bouleversés par la lecture poignante de ces lettres admirables où le caractère intime de Monsieur le Capitaine se dévoile dans toute sa grandeur, dans toute sa beauté. L'on nous parle de héros ! Le voilà, le Héros qui, agissant là-bas, n'a pas une parole de reproche pour ses bourreaux, pas un mot de récrimination ! Plus d'une mère dreyfusarde à l'intention de mettre ce livre admirable dans la corbeille de mariage de sa fille n'est-ce pas vous démontrer à quel point il est pour nous tous une œuvre bénie ? Chacun y puisera de nouvelles forces, chacun, dans sa sphère spéciale, cherchera à imiter la résignation de cette âme virile d'officier qui, torturé, criait sa souffrance, son innocence méconnue sans jamais maudire les êtres infâmes qui n'écouteraient ni les soupirs, ni les gémissements de leur malheureuse victime. En ce jour que nous avons appelé de tous nos vœux, j'ai tenu à donner ces Lettres à votre fils, chère Madame. L'édition, malheureusement est ordinaire, le papier mauvais et les changements que j'y ai fait apporter ne lui donnent pas encore ce cachet de pûreté et de grandeur que j'avais désiré. Mais tel qu'il est, veuillez l'accepter de la part d'une amie sincère, d'une amie des jours de deuil, d'une amie qui donnerait tout au monde pour pouvoir apporter sa petite pierre à l'œuvre de la réhabilitation finale. Il manque dans ce volume un portrait de Monsieur le Capitaine auriez-vous la bonté, Madame, un jour ou l'autre, de le coller vous-même sur le feuillet laissé en blanc à cet effet ? Et merci de tout mon cœur. A force de tendresse et de soins Madame, vous aurez la consolation de voir Monsieur le Capitaine renaître à la vie. Il a montré tant de force résistante, tant d'incroyable énergie pour lutter contre le mal qui le terrassait là-bas, que je me dis qu'une fois entouré de l'amour des siens, il recouvrera la santé et les forces physiques. Oui, il est, il sera désormais toujours entouré de l'amour des seins et de notre indicible sympathie à nous tous dreyfusards. Car nous ne serons tranquilles et heureux que lorsque l'œuvre de la réparation sera accomplie. Le monde entier sait et proclame l'innocence de votre noble mari le jour n'est pas loin où tous les Français imitant la vaillante phalange des défenseurs de notre martyr, lui tendant la main dans un même sentiment zolaesque d'admiration et de tendresse. J'ai chargé Pierrot "de vous embrasser de ma part". Acceptez ce baiser si respectueux, si tendre aussi d'une vieille amie qui vous désire si heureuse. Et veuillez aussi, Madame, serrer de ma part la main de Monsieur le Capitaine je descends de toute une lignée de vaillants officiers — jamais cependant, je ne me sentirai si fière que le jour où je pourrai en réalité serrer dans la mienne la main de ce grand, loyal et noble officier qui porte ce nom vénéré maintenant du monde entier : Alfred Dreyfus ! Croyez-moi, bien chère Madame, Votre vieille amie profondément dévouée, Eveline d'Asinelli 17 Bd Helvétique Genève. 23-IX-1899 Mots-clés Affaire Dreyfus, Dreyfusard, Soutien, Sympathie Type de document Collections muséales

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