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http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo149470 Lettre Flora

Lettre

Marque du Domaine Public Lettre Numéro d'inventaire : 978.0023.2111 Création Janac W. (19e siècle - ) (Auteur) ; 16 août 1899 ; Bordeaux 13 rue du Chai des farines. Description En-tête : "Capitaine", L'auteur, un avocat bordelais, inconnu d'Alfred Dreyfus, lui apprend que Maître Mornard, au moment du procès Esterhazy, s'est servi de ses deux lettres adressées au Général de Luxer pour soutenir la déclaration du Colonel Picquart au sujet du dossier secret. Il ajoute qu'il a écrit deux lettres à Georges Clemenceau au sujet des propos tenus par M. Dupuy relatifs aux documents que le gouvernement se réservait de communiquer à la Cour de cassation. Dupuy s'est cependant soumis à transmettre à la Cour le dossier secret. L'auteur a écrit plusieurs fois à David Hadamard, à Scheurer Kestner et à Zola. Après ces préliminaires, l'auteur en vient au sujet qui l'intéresse, à savoir le procès de Rennes, le comportement du Capitaine. Les dépositions de Casimir Périer et du général Mercier n'ont rien démontrées. L'auteur évoque l'attentat auquel Labori a été victime. Celui qui a perpetré cet acte, seul ou en connivence avec d'autres, voulait éliminer un défenseur exemplaire. L'auteur a pu, à maintes reprises, apprécier les qualités de Labori dans des plaidoiries à la cour de Bordeaux. Il évoque le fidèle Demange, les secrétaires de Labori, Joseph Hild et Alphonse Monira. Il regrette que Labori ne puisse poursuivre les débats. L'auteur ajoute qu'un membre de sa famille, par alliance, rédacteur aux DEBATS, collaborateur à LA REPUBLIQUE FRANCAISE et ami de Méline a vu les preuves innocentant Dreyfus. Convaincu que Dreyfus est victime d'"une colossale erreur judiciaire", l'auteur ne demande aucun argent. Utilisations Dreyfus Alfred (utilisateur) Correspondance Matière(s) et technique(s) Papier vergé filigrané (Manuscrit) Dimensions hauteur 17,7 cm, largeur 11,4 cm Inscriptions Français Bordeaux Le 16 Août 1899. Mon adresse est Mr Janac Ancien juge au Tribunal Civil de Tulle Avocat à la Cour d'Appel 13 rue du chai des farines Capitaine, Je n'ai pas l'honneur d'être connu de vous mais peut être savez vous qui Je suis si vous avez étudié complètement le dossier de votre affaire. Dans sa plaidoirie devant la Cour de Cassation, Me Mornard, votre avocat, s'est appuyé sur deux lettres de moi adressées au Général de Luxer, au moment du procès Esterhazy pour confirmer la déclaration du Lieutenant Colonel Picquart, au sujet de l'existence d'un dossier secret. Il ne faut pas perdre de vue qu'au moment où j'ai écrit ces deux T.S.V.P. lettres dont Je vous envoie la copie ci inclus, en parlait depuis peu de jours de ce dernier secret dont l'existence était niée à peu près par tous les Journaux. Ma déclaration n'a pas été inutile, Je crois, puisqu'à l'heure actuelle ce dossier après avoir été produit devant la Cour de Cassation a été et sera discuté à Rennes. Au cour de l'instance en révision, J'ai écrit plusieurs lettres à Mr Georges Clémenceau l'un de vos plus zélés défenseurs. Mr Dupuy, Président du Conseil ayant déclaré à la tribune de la Chambre que le gouvernement se réservait d'apprécier quelles étaient les pièces du dossier sercret qu'il pouvait communiquer à la Chambre Criminelle de la Cour de Cassation, J'écris à Mr Clémenceau pour lui faire remarquer combien cette attitude du ministère était injurieuse pour la Cour de Cassation dont il semblait mettre en doute la discrétion et le patriotisme. J'ajoutais : "La Cour de Cassation a parfois le devoir de tenir tête aux ministères. Ceux-ci passent et elle reste. Que serait une Justice qui se contenterait de la ½ de la vérité et quelle serait l'autorité morale d'un arrêt rendu dans de semblables conditions, à la suite d'un huis-clos perpétuel" La cour de Cassation n'a qu'à vouloir et le ministère n'aura qu'à se soumettre ou se démettre. Et le ministère Dupuy s'est soumis et a communiqué le donné secret à la Cour de Cassation. Je ne me suis étendu sur cette question que pour vous faire bien comprendre qui Je suis c’est-à-dire un homme qui ne demandant aucun service d'argent, suis dévoué à votre cause parce que Je vous considère comme victime d'une colossale erreur judiciaire. J'ai écrit plusieurs lettres à Mr Hadamard, votre beau-père pour lui affirmer mes idées à cet égard. Au moment où MM Scheurer Kestner et Zola étaient trainés dans la boue, Je leur ai écrit pour leur envoyer le tribut de mes félicitations et de mes encouragements dans la noble tâche qu'ils avaient entreprise et maintenant me direz vous quel est le but de la présente lettre. Ma réponse est bien simple. L'un vous dit très intelligent et votre attitude au procès actuel prouve bien qu'il en est ainsi. Néanmoins, J'ai peur que le sentiment de la discipline vous empêche de réclamer poliment mais avec la dernière énergie le droit de vous défendre contre des accusateurs qui sont accusés eux aussi tout du moins d'ignorance de manque de clairvoyance, de précipitation dans le Jugement, et dont l'emballement a été cause de tous vos malheurs et du trouble dans lequel la trame a été jeté. Je citerai au 1er rang de ces témoins le général Mercier qui s'est entêté à vous poursuivre sans preuves. En admettant par pure hypocrisie, que vous soyez coupable, pour vous condamner il faut des preuves et non pas de pures suppositions, des possibilités ! L'accusé bénéficie du doute. [?] est le grand principe de notre droit pénal français. En voyant Labori tomber sous les balles d'un assassin ma première pensée a été que cet anti Dreyfusard agissant seul ou pour le compte d'un parti avait voulu vous priver du concours si précieux de ce confère si distingué. Certes il vous reste Me Demange le défenseur si zélé et si dévoué de la 1ere heure et les secrétaires de Me Labori, Melle Hild et Monira dont le talent doit être très grand, j'en suis convaincu mais en envisageant l'hypothèse où Labori ne pourrait plaider pour vous, il vous manquera l'avocat précis et éloquent et l'homme de caractère que J'ai pu apprécier quand il est venu plaider à Bordeaux certaines causes civiles. Or, le caractère, l'énergie c'est la qualité essentielle pour parler à des Juges militaires. Mais Je m'arrête car Je réfléchis que les témoins qui devaient vous écraser n'ont rien prouvé contre vous, notamment MM Casimir Pénier et Mercier et leurs dépositions ont montré selon moi qu'ils n'étaient pas à la hauteur des fonctions où la politique les avait portés. Conclusions. On pourrait frapper l'un après l'autre tous vos défenseurs, il en restera un qu'on ne pourra vous enlever et qui vous permettrait au besoin de dire le bon sens qui crie bien haut que vous n'êtes pas coupable. Il est bien regrettable toutefois que Labori ne puisse suivre les débats car pour si intelligents que soient vos autres défenseurs son concours vous manquera car le rôle de l'avocat au sujet des questions à poser aux témoins et de l'appui moral qu'il prête à son client à ce moment est tout aussi utile sinon plus que son rôle dans la plaidoirie. Je termine cette lettre en vous faisant savoir après quelques hésitations car J'ai été si malheureux moi-même que J'ai peur de compromettre la paix de mon foyer domestique que Mr Georges Lachapelle rédacteur aux Débats secrétaire et aussi de Mr Méline a déclaré à son père qui est mon beau père et qui me l'a répété qu'il avait eu sous les yeux les preuves non douteuses de votre innocence. Mr George Lachapelle aurait ajouté que depuis ce moment, il n'a pas écrit une ligne dans la République Française à laquelle il collaborait, du moins au sujet de votre affaire, ne voulant pas écrire des articles contraires à sa conscience. Je suis prêt à attester ces faits sous la foi du serment si vous estimez que Je vous sois plus utile dans ce rôle que dans celui de la défense. Veuillez agréer, Capitaine, avec l'expression de mes sentiments de profonde compassion pour vos malheurs l'assurance de mon entier dévouement. N. Janac Mots-clés Affaire Dreyfus, Procès, Avocat, Attentat, Cour de cassation, Gouvernement, Innocence, Presse, Presse (Les Débats), Presse (La République Française), Plaidoirie, Dreyfusard, Soutien Dreyfus Alfred Demange Charles Gabriel Edgar Zola Emile Scheurer-Kestner Auguste Mercier Auguste Esterhazy Ferdinand Walsin Hadamard David Labori Fernand Casimir-Perier Jean Méline Jules Mornard Henry Picquart Georges Luxer Henri Désiré Charles (de) Clemenceau Georges Hild Joseph Monira Type de document Collections muséales

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