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http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo158839 Lettre Flora

Lettre

Marque du Domaine Public Lettre Numéro d'inventaire : 978.0023.3812 Création Monod Gabriel (7 mars 1844 - 10 avril 1912) (Auteur) ; 22 avril 1905 ; Rome. Description En-tête : "Cher ami", L'auteur, Gabriel Monod, et son épouse ont eu des problèmes de santé. Il évoque l'affaire du Maroc, l'attitude de Guillaume II, les articles de L'HUMANITE et de Clemenceau. En fait, Guillaume II veut à tout prix éliminer Delcassé, un des protagonistes de l'Entente cordiale. Il ne cache pas son admiration pour le ministre et il critique les discours de Jaurès et de Pressensé à son sujet. Il témoigne à Lucie Dreyfus de son amitié. Gabriel Monod a rencontré Björnson qui s'est enquis d'Alfred Dreyfus. Utilisations Dreyfus Alfred (utilisateur) Correspondance Avril 1905 Matière(s) et technique(s) Papier (Manuscrit, Procédé photomécanique) Dimensions hauteur 21,3 cm, largeur 13,8 cm Inscriptions Français ome, le 22 avril 18905 LIBRAIRIE FÉLIX ALCAN Successeur de GERMER BAILLIÈRE & Cie 108, Boulevard St-Germain PARIS Cher ami, Vous devez me trouver bien silencieux. La vérité est que je n’ai guère été [?] écrivassier. Nous avons passé quinze jours dans les emballages et les poussières m’ont donné une inflammation de toutes les muqueuses de la bouche et de la gorge. De plus tout ici était si triste pour nous que j’ai perdu le sommeil, eu de la fièvre et été tout à fait mal portant. Ma femme de son côté a pris froid elle a dû rester trois jours au lit et a contracté une toux qui persiste encore. Enfin jamais Rome ne s’est montrée à nous sous un aspect aussi maussade. Il fait sans cesse du sirocco, du ciel gris, de la pluie et du vent. Nous n’emporterons de ce dernier séjour dans cette ville adorée que de pénibles souvenirs. Ajouter à cela le sciopero des ferroviaires qui nous a empêchés de partir, et l’affaire du Maroc qui ne m‘a nullement inquiétée, car tout le monde ici a ri des rodomontades de Guillaume II, mais qui m’a fait enrager, en voyant les articles épeurés de nos amis de l’Humanité et même de Clémenceau. On ne doit pas, pour le plaisir d’ennuyer un ministre faire prendre à son pays une piteuse attitude. Et d’ailleurs c’est une bêtise amère de renverser Delcassé. Il a commis une erreur soit mais la politique actuelle de Guillaume a pour but unique de faire sauter Delcassé, parce que c’est lui qui représente la politique si sage mais profitable d’entente cordiale avec l’occupation de l’Italie. Si nous l’abandonnons nous serons seuls en Europe, car la Russie ne compte plus et l’Allemagne se vengera de ce que nous avons voulu l’aider, ou elle nous contraindra à une politique anti anglaise qui serait notre ruine. La politique de Delcassé a été admirée de tous en Europe elle a réussi à merveille et l’abandonner par peur de l’Allemagne est une bêtise et une lâcheté. J’ai trouvé déplorables les discours de Jaurès et de Pressensé. C’est de la mauvaise politique de Parti. Delcassé pour tous, c’est le ministère ébranlé et peut-être la réparation à vau l’eau. J’ai vu Björnson. Sa seconde parole a été : “Und der liebe Dreyfus ?” je vous envoie l’expression de mes fidèles sentiments. Dites à Madame Dreyfus toute notre affection et croyez moi toujours Tout à vous G. Monod. Type de document Collections muséales

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