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http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo160311 Lettre et enveloppe Flora

Lettre et enveloppe

Marque du Domaine Public Lettre et enveloppe Numéro d'inventaire : 978.0023.3960 Création Psichari Noémi (Auteur) ; 13 août 1898 ; Perros-Guirec Rosmapamon. Description Formule d'appel : "Chère Madame", L'auteur, Noémie Psichari, épouse du professeur Psichari, avoue à Lucie Dreyfus que la correspondance des Dreyfus les a profondément bouleversé. Alfred Dreyfus semble faire preuve d'une énergie exemplaire. Il est aussi aberrant de constater tant d'injustice en France. Post-scriptum dans lequel l'auteur a une pensée pour les petits Dreyfus. Utilisations Dreyfus Lucie (utilisateur) Chatou 3 ter Avenue de Brimont Correspondance Août 1898 Matière(s) et technique(s) Papier (Manuscrit, Impression) Dimensions hauteur 16,8 cmhauteur 8,9 cm, largeur 12,3 cmlargeur 13 cm Mots-clés Affaire Dreyfus, Soutien, Sympathie, Opinion publique Inscriptions 13 août 1898 ROSMAPAMON PERROS-GUIREC (Côtes du Nord) Chère Madame, Je m'empresse de vous répondre. Car j'ai été profondément émue de votre lettre et je me fais scrupule de garder longtemps loin de vous ces précieux feuillets. Leur lecture nous a déchiré le cœur, Madame, chacun de ces appels si sincères, si héroïques, soulève tout ce qu'il y a en nous de patriotism et d'humanité. Se peut il que notre chère France soit — sans presque le savoir — entraînée dans un si affreux déni de justice, se peut il enfin que ces cris d'innocence et d'honneur soien entendus de ceux qui nous gouvernent et que leur conscience ne se révolte pas ? Mais, comme mon mari vous l'a dit hier en toute hâte, nous n'avons pas eu une impression défavorable de l'état de santé de votre mari. Peut être ne sommes nous pas bons juges, je vous donne notre idée en toute sincérité, nous sommes frappés au contraire de la force vraiment inouïe qui respire dans ces pages qui contiennent vraiment tout ce que l'homme peut souffrir, mais aussi tout ce que la vigueur d'une conscience pure peut lui donner de force. Je ne pense pas que les répétitions doivent vous effrayer, parce qu'il me semble qu'elles viennent d'une pensée unique, toujours semblable à elle-même, qui est, cette pensée d'honneur et daffection pour vous, le seul soutien — mais si efficace — du capitaine. Excusez moi, Madame, de vous parler avec cette intimité, je le fais dans toute la sympathie de mon cœur de femme et de Française, il me semble que cette persistance est justement un signe que votre mari a toute cette vigueur morale qui, vous le savez, est souvent la taxe de la santé physique. Oh ! Madame, ce n'est pas à vous qu'il faut dire d'avoir du courage, mais je voudrais tant vous communiquer une raison d'espérer que je sens très sincèrement. Ai-je besoin de vous dire que tout ce qui se passe nous remplit de dégoût et d'indignation ? C'est une rage qui nous saisit quand on voit — dans notre pays ! — tous les plus sacrés principes de loi et de justice foulés aux pieds. Mais que cela ne vous décourage pas ! Ces misérables ne vous empêcheront ni d'agir, ni de penser ni de parler, et la France, la vraie, sera plus forte qu'eux. Nous allons voir nos amis Havet croyez, chère Madame, que votre pensée sera fortement présente à nos entretiens et dans une pensée commune d'ardente sympathie. Veuillez me rappeler au souvenir de vos parents et embrasser vos enfants pour moi. Je vous envoie, avec les hommages de mon mari, tous mes sentiments de dévouement et d'admiration. Noémi Psichari DANS LA MARGE : J'espère que vos gentils enfants se rétabliront promptement Mots-clés Affaire Dreyfus, Soutien, Sympathie, Opinion publique Type de document Collections muséales

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