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http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo159151 Lettre Flora

Lettre

Marque du Domaine Public Lettre Numéro d'inventaire : 978.0023.3848.1 Création Esterhazy Ferdinand Walsin (16 décembre 1847 - 21 mai 1923) (Auteur) ; 11 décembre 1900 ; Clifton. Description En-tête : "Monsieur", L'auteur, Esterhazy, répond à Paul Guieysse. L'amnistie constitue le sujet principal de cette lettre. En effet, Esterhazy ne partage pas le même avis que son correspondant. Il rejette l'amnistie. Il s'en est d'ailleurs entretenu dans des courriers adressés à Waldeck-Rousseau, à Emile Loubet ou à Paul Deschanel. Dans sa lettre, il se dit victime, au même titre qu'Henry, d'hommes qui l'ont manipulé. Mais il déculpabilise le général Mercier. Il réfute les propos de Dupuy. Il évoque le procès Henry Reinach. Quant à Dreyfus, il est coupable aux yeux d'Esterhazy qui ressort l'histoire russe. Esterhazy confie à Paul Gyieysse son innocence. Utilisations Guieysse Paul (utilisateur) Paris Correspondance Décembre 1900 Matière(s) et technique(s) Papier (Manuscrit) Dimensions hauteur 26,9 cm, largeur 20,7 cm Inscriptions Français [CARTE DE VISITE] PAUL GUIEYSSE CONSEILLER GÉNÉRAL DÉPUTÉ DU MORBIHAN Avec mes meilleurs sentiments. KERVÉLÉAN-EN-CAUDAN 42, RUE DES ÉCOLES 978.0023.3848.2. 978.0023.3848.3. [ENVELOPPE] 11 décembre 1900 [?] Cette adresse à M Paul Guieysse [?] reçue le 12 Déc [?] [?] Monsieur Vous venez, avec la bonne foi dreyfusarde, d’affirmer que l’amnistie me serait profitable, et un des vôtres a renchéri encore. Vous ne pouvez pas ignorer cependant que, depuis de longs mois, j’ai fait tout ce qu’il était humainement en mon pouvoir pour m’opposer à cette amnistie. J’ai écrit vingt fois à Waldeck, à Lornis, j’ai écrit à plusieurs reprises au Président de la République j’ai, mandé devant le Conseil Général de France, fait à cet égard une longue déposition, à la condition expresse, qu’elle devait être envoyée à la commission d’amnistie au Sénat, elle a été indignement escamotée. J’en ai prévenu à trois reprises cette commission. J’ai établi qu’en juin 1899, le Président du Conseil d’alors, Mr Ch. Dupray (?), avait déclaré ouverte contre moi une enquête au sujet d’un “document secret “ dérobé aux archives au Ministère de la guerre, j’ai démonté, pièces à l’appui, qu’en cela comme en bien d’autres choses, je n’avais été qu’un instrument aux mains de personnages occupant les plus hauts échelons de la hiérarchie. La plus petite enquête, mais sérieusement faite cette fois, ont montré toute la vérité et prouvé l’abominable conduite, les crimes de ceux qui ont sacrifié lâchement, comme ils ont sacrifié le colonel Henry, pour se sauver. Ils vont réussir grâce à la complicité du gouvernement. Tous les efforts de ce gouvernement que vous soutenez n’ont tendu qu’à ce but, sauver ces homme, et c’est pour cela qu’ont été accomplish les plus monstrueus dénis de justice. On a empêché le procès Henry Reinach qui eut montré à tous fatalement et l’infamie du juif Hambourgeois qui vous mène tout à grands coups de botte dans le derrière et en même temps les actes criminels commis par certains grands chefs. Je ne parle pas de Mr le général Mercier tout à fait hors de cause et sur lequel vous vous acharnez, sachant très bien que c’est ailleurs qu’il faut viser, mais vous vous en gardez bien. Faisant la vraie lumière, le procès Henry Reinach est amené fatalement pour les dreyfusards comme pour les antidreyfusards les conséquences les plus inattendues, les moins soupçonnées du public imbécile, et c’est pourquoi on l’a étouffé à l’aide d’escolarderies (?) pitoyable, avec la complicité de juges stupéfiants de cynisme et mépris de l’Europe entière. Pour cela qu’on a étouffé tant d’autres instances, pour cela qu’on a étouffé l’enquête ouverte en juin 1899 et qui ont fatalement abouti à la découverte de toute la vérité. Le sujet de l’amnistie, les enquêtes menées à fond et impartialement, si en France aujourd’hui pareille chose est possible, [?] le rôle abominable des gens de votre parti pour sauver Dreyfus dont vous ne pourrez ignorer la culpabilité (à moins que vous ne parliez de tout cela comme un aveugle des couleurs, et que vous ingnoriez tout jusques et y compris les histoires [?]) et le pays entier, aux jours graves que chacun hors de France sait prochains, ont fait porter durement aux vôtres le poids des responsabilités de la monstrueuse campagne qui, sans combats, a perdu la France. Mais les actes criminels commis par certains généraux (ou à leur instigation ce qui, je crois, est tout comme) eussent été nettement établis, on n’eut pu le nier, il eut bien fallu les poursuivre, poursuivre l’ami du tzar (?) vis à vis duquel, donnant donnant, ont été pris certains engagements, fait comme dans les chancelleries européennes, vous l’ignorez peut-être aussi ? ? Et alors tout le monde s’est trouvé d’accord pour fraterniser dans la boue. Mais ne dites pas que l’amnistie me profitera, ne laissez pas entendre que je la souhaite, c’est une lâcheté de plus à ajouter à tant d’autres. Cette amnistie, je n’ai cessé de protester contre elle de toutes mes forces, elle empêche la vérité, la vraie, et permet à mes assassins, à ceux qui, avec une lâcheté que nous aurions dû attendre d’eux, ont cause la mort du Colonel Henry et m’ont perdu, de vivre heureux, honorés et impunis. Je proteste par ce même courier auprès de Mr Deschanel comme j’ai protesté partout sans trêve ni relâche. Ce ne sont pas des allegations que j’ai fournies, ce sont des preuves, des preuves irréfutables, le moindre examen de ces preuves établirait nettement leur réalité, les actes criminels commis, et les mobiles qui les ont fait commettre. Je vous salue, Monsieur. Signé Cdt Esterhazy Mots-clés Affaire Dreyfus, Amnistie, Vérité Dreyfus Alfred Henry Hubert-Joseph Esterhazy Ferdinand Walsin Waldeck-Rousseau Pierre-Marie-René Deschanel Paul Mercier Auguste Dupuy Charles Reinach Henry Loubet Emile Type de document Collections muséales

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