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Des animaux dans les collections

Ce parcours vous invite à découvrir les collections du Musée de Bretagne sous l'angle du bestiaire. Sauvages, domestiques ou mythologiques, tous ces animaux ont entretenu des rapports singuliers avec l'homme tout au long de son histoire. Vous les trouverez ici sous une multitude des formes, comme autant de regards : statue, chapiteau, plaque décorative et objet du quotidien...Ils sont tous visibles dans l'exposition permanente du Musée de Bretagne, Bretagne est univers (entrée gratuite).

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Des animaux dans les collections

Des collections à identifier

Bretagne est Univers : l'exposition

Phares et feux de Bretagne

Blanche hermine
Réalisée par la manufacture royal des Gobelins, cette garniture de siège ornée d’hermines et de fleurs de Lys, provient de la Grand'Chambre du Parlement de Bretagne. Bien que peu présente dans le musée sous sa forme animale, l’hermine « héraldique » est largement exposée.
Celle-ci rappelle l’âge d’or de la Bretagne Ducale. Erigée comme emblème du Duché par Jean IV, l’hermine est toujours associée à la Bretagne, ne serait-ce que sur le drapeau régional : le Gwenn-ha-Du.
A l’origine, l’hermine du blason correspond à la fourrure animale avec laquelle les nobles et magistrats de haut rang doublaient leurs habits de cérémonie. Symbole de pureté morale, une légende dit même qu’une hermine aurait préféré périr des crocs d’un renard plutôt que de salir sa robe blanche dans un ruisseau.
Garniture de chaise du Parlement de Bretagne
Corrida gauloise
Cette statuette gauloise de taureau en bronze a été retrouvée en compagnie d’une autre statuette analogue, en 1841 dans un champ au lieu-dit ‘’les pierres de Vern’’ à Châtillon-sur-Seiche (35).
Après hésitation, les chercheurs ont rapproché ces statuettes d’autres découvertes. Des figures similaires ont ainsi été retrouvées à Poznan (Pologne) et à Hallstat (Autriche), site qui a donné son nom au 1er âge du fer. Hasard ou coïncidence, il se trouve que les derniers spécimens européens d’auroch, ancêtre du bœuf domestique, vécurent en Pologne.
Depuis le Néolithique jusqu’à la romanisation de la Gaule, la domestication des animaux s’accompagne d’une réduction de leur taille. Ainsi, les plus petits spécimens seront élevés par les Gaulois.
Statuette, Taureau
Maître de ces bois
Bien que l'on ignore son origine et son usage, cette tête de cerf gallo-romaine en bronze des environs de Rennes est surprenante à plus d’un titre.
La très belle facture de l’objet contraste singulièrement avec la perception de l’animal chez les Romains.
Si Cernunos, le dieu aux bois de cerf, est bien présent chez les Gaulois, en revanche pour les Romains adeptes de la chasse, le cerf apparaît comme un animal peureux et lâche qui fuit devant les chiens à l’inverse du sanglier.
En opposant la dangereuse chasse au sanglier, bête noire et puante, à la chasse au cerf, bête rouge et douce, le christianisme, au Moyen Age, permettra au cerf de «reprendre du poil de la bête». La repousse des bois est même associée à l'image de la résurrection. Le cerf devient le gibier royal par excellence à partir des 12e et 13e siècles.
Statuette (fragment), Tête de cerf
Tout est bon dans... le mouton
L’enseigne publicitaire « Au bon laboureur » d’un commerce rennais est daté des années révolutionnaires 1792-1795. On y voit sur fond de paysage urbain, un groupe de paysans bêchant la terre, représentation du peuple au travail. Ces hommes sont accompagnés de moutons gardés par un chien.
Le mouton est considéré comme un animal doux, débonnaire et placide. L’agneau est à l’image du christ : symbole de pureté et d’innocence. Essentiel à l’économie comme le cochon, dans le mouton tout est bon.
Il fournit viande, lait caillé, fromages, sa laine est commercialisée dans tout l’Europe. Ses boyaux et ses cornes sont transformés en instruments de musique ainsi que sa graisse et son suif en chandelles.
Sans oublier que sa peau est le matériau de prédilection des parchemins des manuscrits.
Enseigne publicitaire, Au bon laboureur
Femmes furies
Quatre harpies, monstres ailés à corps d’oiseaux et à tête de femme, sont sculptées sur l’un des chapiteaux romans en granit du 12e siècle retrouvé à Rennes.
Depuis l’Antiquité païennne, les trois principales harpies - Bourrasque, Vole-vite et Obscure - sont des divinités de la dévastation : elles dévorent tout sur leur passage, tourmentent les âmes et les enfants.
Au Moyen âge chrétien, elles symbolisent les passions vicieuses, les tourments obsédants et le désir subi. Seul le vent - le souffle de l’Esprit chez les chrétiens - peut les chasser.
Le terme de harpie aura une belle postérité, désignant rour à tour une femme acariâtre ou un rapace d’Amérique du sud.
Chapiteau
Panthère "noire"
Avec sa tête noire et ses yeux rouges, une tête de panthère figure aux pieds du gisant de Jean de Vaunoise, archevêque de Dol (35) de 1188 à sa mort en 1190. L'association de la panthère à un membre du haut clergé sur ce gisant n’est évidemment pas due au hasard : dans le bestiaire médiéval, la panthère est une figure associée au Christ.
La panthère est parée de plusieurs vertus. Elle arbore sept couleurs, or au Moyen Age le chiffre sept constitue une perfection et porter des couleurs multiples est alors signe de beauté, du divin. Son haleine suave, l’odeur qu’elle dégage est celle de la sainteté et, pour couronner le tout, elle est l’ennemie jurée du dragon définitivement associé à Satan.
Gisant
Dans le ventre de la bête
Cette statue en bois polychrome représente Marguerite en geste de prière sortant indemne du ventre du dragon à la bouche béante.
Dans la culture médiévale, le dragon est un animal bien réel. Il est craint beaucoup plus que le loup et seuls certains saints (Georges, Michel) et héros (Arthur, Tristan Siegfried) peuvent en venir à bout.
La vie de cette sainte est un roman à elle toute seule. Jeune fille d’Antioche au 3éme siècle, Marguerite, convertie au christianisme, repousse les avances du préfet romain Olibrius qui la livre au dragon. Elle devient la patronne des femmes enceintes. Elle était invoquée pour délivrer les femmes du pays de Dol (35) des douleurs de l’enfantement, et celles-ci lui offraient des ceintures.
Statue, Sainte Marguerite sortant du dragon
Dauphin au bain
La plaque en schiste ardoisier décorée d’un dauphin au rostre (ou bec) cassé, a été retrouvée dans des thermes gallo-romains de Cesson-Sévigné (35).
Présent dans de très nombreuses légendes grecques et comme effigie sur les monnaies de près de quarante cités, le dauphin est alors élevé au rang de divinité. Les Romains reprennent largement le thème du dauphin pour décorer les pièces d’eau. Le fait qu’il soit ici présent dans des thermes privés renseigne sur le statut de son propriétaire.
Cependant, le dauphin n’est pas une nouveauté en Armorique, puisque les archéologues ont retrouvé à la ferme gauloise du Boisanne à Plouër-sur-Rance (22) des restes de vertèbres et de crânes de deux grands dauphins, cétacés que l’on peut encore observer aujourd’hui en baie de Cancale.
Plaque de schiste
Du rififi sur le Nil
Cette lampe à huile, en terre cuite, a été retrouvée aux abords du fanum, temple rural d’une somptueuse villa gallo-romaine sur le site de la Guyomerais à Châtillon-sur-Seiche (35) et devait vraisemblablement servir d’offrande. Le médaillon de la lampe s’orne d’un superbe décor qui figure l’affrontement d’un lion et d’un crocodile.
Le fait de retrouver ces animaux exotiques davantage familiers des bords du Nil en Égypte prouve l’extraordinaire circulation des motifs. Au-delà des frontières, l’Empire romain fonctionne comme un tout, et ce, jusqu’en Armorique.
Dans le cadre des jeux du cirque, les Romains eux-mêmes étaient particulièrement friands de ce type d'affrontement entre fauves.
Lampe à huile