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Grandir : les rites de passage

La jeunesse, c'est d'abord une classe d'âge marquée par plusieurs étapes de la vie, qui peuvent s'accompagner de cérémonies et rites de passage.

Ces étapes permettent au jeune de grandir, de gravir les différents "degrés des âges" et de devenir adulte.



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Jeunesse : l'âge du possible

Amédée Fleury, artisan photographe

"Naître, grandir, vieillir…"
"Les degrés des âges de l'homme", estampe, 1870
Cette image populaire représente de manière allégorique les différents âges de l'Homme. Les couples grimpent les marches de la vie jusqu'au sommet vers la maturité, puis s'ensuit le déclin et la vieillesse jusqu'à la mort.
Fin 19e siècle, l'Homme a une vision très ordonnée de sa vie dans laquelle le divin joue un rôle important. Naître, grandir, se marier, vieillir, puis mourir sont les étapes naturelles de l'existence. La période de l'enfance est décisive car elle construit la personne. Elle est souvent accompagnée de cérémonies et de rites de passage.
Image populaire, Les degrés des âges de l'homme
Le premier sacrement : le baptême
Bonnet de baptême, Saint-Pol-de-Léon, début 20e siècle
Aux 19e et 20e siècles, le baptême est réalisé au plus proche possible de la naissance de l'enfant, car il est censé effacer le péché originel. Ce moment sacré marque l'entrée de l'enfant dans le monde chrétien, lui crée une identité en lui donnant un prénom et renforce les liens familiaux par le choix de parrains et marraines.
Lors de la cérémonie, le nouveau-né reçoit le Saint-Chrême sur son front qui est ensuite recouvert d'un bonnet, appelé le chrémeau. Cet élément central du rituel fait l'objet d'une croyance en Bretagne : la forme que prend la tâche à l'intérieur du chrémeau présage de la vie future de l'enfant. La richesse de ce bonnet-ci, en satin et orné de motifs décoratifs en perles cousues, témoigne de son appartenance à une famille plutôt aisée.
Bonnet de baptême
La faïence du nourrisson
Biberon, faïence de Quimper, 1850
Ce petit biberon, finement ouvragé, présente des motifs typiques de la faïencerie quimpéroise : décor floral polychrome sur fond blanc et rayures concentriques autour du pied. Ce biberon était couramment utilisé pour nourrir les nouveau-nés.
Appelé également biberon du malade, il servait aussi à soigner l'enfant ou l'adulte, incapable de s'hydrater ou d'ingurgiter des médicaments. Daté de 1850, son utilisation est antérieure à celle du biberon en verre, dont la fabrication industrielle connaît un grand succès à partir des années 1870.
Biberon
Apprendre à marcher
Promenoir pour enfant dit chomette, Bréal-sous-Montfort, début 20e siècle
Ancêtre du trotteur d’aujourd’hui, la chomette a pour rôle principal d’être tuteur du corps de l’enfant lorsqu’il apprend à marcher. On place celui-ci dans la pièce de bois formant un cercle, qui coulisse entre les barres latérales, en fonction de son mouvement. Permettant à l’adulte de relâcher la surveillance, ce dispositif garantit surtout la rectitude corporelle désirée par les mentalités. En effet, dans les sociétés traditionnelles, le corps du nouveau-né est considéré comme inachevé. Il est emmailloté dans des langes avec le souci de mouler le squelette, de le former à la rigidité que la naissance ne lui a pas accordée. La chomette vient plus tard l’aider à se tenir droit.
Chomette
De l'enfance à l'adolescence : la communion
Portrait de communiants, Anne Catherine, Redon, début 20e siècle
Dans la Bretagne catholique des 19e et 20e siècles, la communion solennelle est une cérémonie importante de l'enfance, qui marque l'intégration définitive du jeune au monde chrétien. C'est aussi l'occasion de rassembler la famille autour d'un repas festif, où le communiant est mis à l'honneur.
La photographie garde trace de ce moment mémorable et rend compte de l'importance accordée aux tenues des communiants, en particulier à celles des jeunes filles, d'un blanc immaculé, symbole de pureté et d'innocence.
Négatif sur verre, Portrait de communiant
L'entrée dans l'âge adulte chez les hommes : la conscription
Groupe de conscrits, Émile Houdus, Saint-Etienne-en-Coglès, 1947
La conscription devient un véritable rite de passage pour la jeunesse masculine suite à la loi de 1905, qui institue le service militaire généralisé de 2 ans pour tous les hommes valides, majeurs et n'ayant pas charge de famille. Ce changement de statut social et l’inscription sur les listes de l’armée est l’occasion de pratiques festives, communautaire qui les verra aller de bistrots en bistrots, d’édifices publics en édifices publics en arborant fièrement la cocarde tricolore.
Sur cette photographie prise en 1947, drapeau tricolore et cocardes témoignent de l'attachement des jeunes à la République. Deux ans après l'armistice de 1945, le patriotisme et le sentiment d'appartenance à la nation restent très fort.
Négatif sur verre, Conscrits de Saint-Etienne-en-Coglès
Un pas vers le mariage ? La fête de la Sainte Catherine
Carte de correspondance "Sainte Catherine", 1934
La fête de la Sainte-Catherine est une tradition qui célèbre les catherinettes, c'est-à-dire les femmes ayant atteint l'âge de 25 ans sans s'être mariées. À cette occasion, on coiffe les célibataires d'un chapeau, et on envoie des cartes postales pour porter bonheur en amour.
Cette tradition remonte au Moyen-Âge. Martyre pour avoir refusé de se marier, Sainte-Catherine devint la patronne des jeunes célibataires qui habillaient et coiffaient sa statue les 25 novembre. D'où l'expression "coiffer la sainte Catherine".
Au fil du temps, cette coutume s'est progressivement perdue.
Carte de correspondance, Carte postale, Sainte Catherine